{"id":786,"date":"2017-01-25T10:19:07","date_gmt":"2017-01-25T10:19:07","guid":{"rendered":"http:\/\/villageafricain-maah.org\/?p=786"},"modified":"2017-05-22T17:27:28","modified_gmt":"2017-05-22T17:27:28","slug":"rencontre-avec-bernard-belin-dadie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/villageafricain-maah.org\/fr\/rencontre-avec-bernard-belin-dadie\/","title":{"rendered":"Rencontre avec BERNARD BELIN DADI\u00c9. R\u00e9cit de Mo\u00efse Mougnan"},"content":{"rendered":"<p>Son resplendissant et accueillant sourire, d\u00e9tend et d\u00e9samorce l\u2019atmosph\u00e8re, quand il vous re\u00e7oit sans aucune forme de protocole dans son salon. C\u2019est que les deux personnes, qui nous accompagnaient font partie de cet espace qui leur est familier et familial.<\/p>\n<p>Situ\u00e9 \u00e0 Cocody \u2013(II Plateaux ) dans le quartier des Arts, ou se trouve le si\u00e8ge du BURIDA (Bureau Ivoirien des Droits d\u2019Auteur), de l\u2019INSAAC ( l&rsquo;institut national sup\u00e9rieur des arts et de l&rsquo;action culturelle ) et de l\u2019ISTC ( l&rsquo;Institut des sciences et techniques de la communication), et en face de la station Petro Libye, la maison, plus que discr\u00e8te et coquette, ne laisse entrevoir aucunement que c\u2019est l\u00e0 que vit celui qui est consid\u00e9r\u00e9 comme le dernier t\u00e9moin vivant de la mouvance de la N\u00e9gritude. Mouvement, dont les figures titulaires \u00e9taient incarn\u00e9es par Aim\u00e9 C\u00e9saire, L\u00e9opold Sedar Senghor, L\u00e9on Gontran Damas, mais dont le p\u00e8re spirituel reste l&rsquo;ha\u00eftien Jean-Price Mars.<\/p>\n<p>Plus que privil\u00e9gi\u00e9s, nous \u00e9tions honor\u00e9s d\u2019\u00eatre re\u00e7u ce jour caniculaire du 11 mars, par un homme que le temps semble amadouer, et qui de son cot\u00e9 semble l\u2019avoir dompt\u00e9.<\/p>\n<p>Bernard Binlin Dadi\u00e9, n\u00e9 en 1915 \u00e0 Assinie Mafia au Sud du pays, dans le d\u00e9partement de la Como\u00e9, auteur prolifique d\u2019\u0153uvres monumentales explorant tous les genres litt\u00e9raires, \u00ab\u00a0p\u00e8re des lettres ivoiriennes\u00a0\u00bb panafricaniste convaincu et convaincant, ne porte pas son \u00e2ge.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 le poids et les empreintes des saisons, qui se font remarquer dans le gestuel, sa m\u00e9moire des faits reste toujours vive et alerte. Une m\u00e9moire encyclop\u00e9dique et didactique, qui est d\u2019une fid\u00e9lit\u00e9 hors du commun.<\/p>\n<p>Pour notre modeste gouverne, quand il se permet de revisiter l\u2019histoire en g\u00e9n\u00e9ral, mais surtout celle de l\u2019Afrique et de son pays en particulier, le charme d\u00e9sarmant de son \u00e9rudition, se fait chair en nous transportant et t\u00e9l\u00e9portant dans un pass\u00e9 plein de turbulence, mais aussi de luminescence<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 le poids et les empreintes des saisons, qui se font remarquer dans le gestuel, sa m\u00e9moire des faits reste toujours vive et alerte. Une m\u00e9moire encyclop\u00e9dique et didactique, qui est d\u2019une fid\u00e9lit\u00e9 hors du commun.<\/p>\n<p>Pour notre modeste gouverne, quand il se permet de revisiter l\u2019histoire en g\u00e9n\u00e9ral,, mais surtout celle de l\u2019Afrique et de son pays en particulier, le charme d\u00e9sarmant de son \u00e9rudition, se fait chair en nous transportant et t\u00e9l\u00e9portant<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>dans un pass\u00e9 plein de turbulence, mais aussi de luminescence et de magnificence.<\/p>\n<p>L\u2019UNESCO ( l\u2019Organisation des Nations unies pour la science, l\u2019\u00e9ducation et la culture ) et l\u2019Universit\u00e9 nationale mexicaine (UNAM) lui ont d\u00e9cern\u00e9 en f\u00e9vrier le premier Prix Jaime Torres Bodet pour l&rsquo;ensemble de ses \u0153uvres.<br \/>\nDes colloques et s\u00e9minaires ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9s un peu partout en son honneur, dont celui de l\u2019Acad\u00e9mie des Sciences, des Arts, Cultures d\u2019Afrique et des Diasporas africaines (ASCAD) en septembre 2016, \u00e0 la salle de conf\u00e9rences du centre national de l\u2019ordre des architectes de C\u00f4te d\u2019Ivoire, \u00e0 Cocody. Le th\u00e8me retenu \u00e9tait \u00ab Bernard Dadi\u00e9 : hier, aujourd\u2019hui, demain \u00bb.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le Palais de la culture d&rsquo;Abidjan, c&rsquo;est d\u00e9sormais une rue passant devant le Bureau ivoirien des droits d&rsquo;auteurs qui porte son nom.<br \/>\nLa C\u00f4te d\u2019Ivoire, par la voix du ministre ivoirien de la culture et de la francophonie, Maurice Bandaman, avait tenu \u00e0 souligner l&rsquo;apport de son illustre centenaire, qui a tant marqu\u00e9 son histoire, dans un t\u00e9moignage empreint d\u2019une admirable ferveur nationale.<\/p>\n<p>Cela pour rappeler l\u2019incommensurable contribution du doyen dans la construction de son identit\u00e9 litt\u00e9raire. Celui qui fut de 1977 jusqu&rsquo;en 1986 le ministre de la Culture et de l&rsquo;Information dans le gouvernement du pr\u00e9sident F\u00e9lix Houphou\u00ebt Boigny, est aussi un homme dont les choix politiques, ne font pas l&rsquo;unanimit\u00e9 chez certains de ses compatriotes.<\/p>\n<p>Le pays, revient il est vrai, de loin. De tr\u00e8s loin.<\/p>\n<p>Rappelons que Climbi\u00e9 (son pseudonyme, et aussi son livre \u00e9ponyme) est le fils de Gabriel Dadi\u00e9, un compagnon de lutte de Houphou\u00ebt Boigny, le p\u00e8re de l\u2019ind\u00e9pendance du pays. Un pays, qui se veut une \u00ab Terre de l\u2019esp\u00e9rance, un pays de l\u2019hospitalit\u00e9 et surtout la patrie de la vraie fraternit\u00e9 \u00bb tel que le clame et le proclame son po\u00e9tique hymne national d\u2019une beaut\u00e9 in\u00e9gal\u00e9e\u2026..<\/p>\n<p>Grand Bassam, dont il est originaire, est une r\u00e9gion qui a \u00e9t\u00e9 au c\u0153ur d\u2019une farouche r\u00e9volte anticolonialiste. Son combat, contre l&rsquo;occupant l&rsquo;avait men\u00e9 en prison en 1949. Son livre, \u00a0\u00bb le Carnet de prison \u00a0\u00bb sorti en 1981 en fait largement \u00e9cho.<\/p>\n<p>La r\u00e9volte de Grand Bassam, fait date dans la m\u00e9moire collective des ivoiriens. Signe que le destin ram\u00e8ne souvent en surface des souvenirs douloureux, c\u2019est dans cette station baln\u00e9aire tr\u00e8s pris\u00e9e, que les djihadistes en qu\u00eate du macabre ont d\u00e9cid\u00e9 de signer leur odieuse entr\u00e9e en sc\u00e8ne. Grand Bassam, fut la premi\u00e8re capitale coloniale du pays de 1833 \u00e0 1900.<\/p>\n<p>Mon insistance, \u00e0 vouloir voir absolument le baobab et le s\u00e9quoia de la litt\u00e9rature africaine, a \u00e9t\u00e9 facilit\u00e9e par la femme de son m\u00e9decin personnel, qui tenait un kiosque, celui des \u00e9ditions Fraternit\u00e9 Matin au Palais de la Culture \u00e0 Treichville. C\u2019\u00e9tait dans le cadre du MASA, le plus grand march\u00e9 des arts et du spectacle africain, qui se tenait \u00e0 Abidjan du 5 au 12 mars 2016.<\/p>\n<p>\u00c9tant \u00e0 Abidjan pour la deuxi\u00e8me \u00e9dition de la plus grande rencontre sur le num\u00e9rique dans le continent, l\u2019African Web Festival en d\u00e9cembre 2015, je n\u2019ai pu le rencontrer. Je ne pouvais rater cette fois-ci un rendez vous avec l\u2019histoire, un rendez-vous avec cet homme qui porte la litt\u00e9rature africaine sur ses \u00e9paules. Un homme rabordaille comme le disait si bien C\u00e9saire, dont la plume a toujours t\u00e9moign\u00e9 pour les siens.<\/p>\n<p>Le doyen qu&rsquo;il est, savait se mettre \u00e0 la disposition de ses humbles h\u00f4tes que nous sommes avec une humilit\u00e9 et une civilit\u00e9 hors du commun.<\/p>\n<p>Dispos\u00e9 et disponible, il savait accueillir ses visiteurs comme peu savent le faire. Surtout avec ce statut monumental comme le sien. Rien ne laissait appara\u00eetre, que nous \u00e9tions en face d\u2019un pharaon des temps modernes. Que nous \u00e9tions en face de Bernard Belin Dadi\u00e9. Que nous \u00e9tions, Beninga Marboua Marc, Saidi Mamadou Ouadraogo et moi m\u00eame en face de l\u2019histoire.<\/p>\n<p>Son m\u00e9decin personnel et sa femme Golli Epse Koffi E. Affou\u00e9, qui nous ont facilit\u00e9 la rencontre \u00e0 travers l&rsquo;entremise de l\u2019une de ses filles, \u00e9taient d\u2019une admirable g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 inestimable. Ils n\u2019ont moindrement h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 rendre effective, cette affective visite \u00e9ducative qui semblait impossible \u00e0 arracher, vu l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 du patriarche.<\/p>\n<p>Le CLAM (le Cercle litt\u00e9raire africain de Montr\u00e9al) dont je suis membre, avait voulu aussi lui rendre un hommage en sa pr\u00e9sence, mais son \u00e9tat, impose cela va de soi, une certaine tenue et retenue dans son agenda toujours sollicit\u00e9. Sa fille Nicole, autant que toute la famille avait conscience, que le paternel est un patrimoine vivant de la litt\u00e9rature africaine. Un patrimoine de la litt\u00e9rature universelle, constamment interpell\u00e9 au d\u00e9triment de leur propre intimit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Son resplendissant et accueillant sourire, d\u00e9tend et d\u00e9samorce l\u2019atmosph\u00e8re, quand il vous re\u00e7oit sans aucune forme de protocole dans son salon. C\u2019est que les deux personnes, qui nous accompagnaient font partie de cet espace qui leur est familier et familial. 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